23.07.2008
Ce n'est pas la victoire de la démocratie
A 539 voix contre 537 (majorité requise de 538 voix), le Parlement réuni en Congrès à Versailles (ce lundi 21 juillet 2008) a adopté la 24ème modification de notre constitution... Et plus particulièrement la "réforme" de nos institutions Nous vous rappelons qu'après le dépôt d'amendements, de débats entre parlementaires et au sein de bureau national du Parti Socialiste, notre Parti s'était prononcé contre cette réforme puisqu'elle ne correspondait pas à notre idéal : rien sur le cumul des mandats, rien sur la réforme du Sénat, rien sur le droit de vote des étrangers aux élections locales,... A l'unanimité moins 1 voix, les socialistes (députés et sénateurs confondus) ont donc votés contre ce texte.
En réaction à cet important sujet, nous vous retranscrivons la lettre de Ségolène Royal adressés aux militants de Désirs d'Avenir.
--------------------------------------
Chères amies, Chers amis,
La réforme des institutions a été adoptée hier par le Congrès réuni à Versailles.
Ce n’est pas la victoire de la démocratie, c’est le renforcement du pouvoir monocratique de Nicolas Sarkozy, à coups de pressions indignes sur plusieurs députés.
C’est Robert Badinter, l’ancien président du Conseil constitutionnel, qui a le mieux exposé les raisons de ne pas voter ce texte et souligné l’occasion perdue de mettre fin à la « monocratie » qui caractérise aujourd’hui notre régime.
Où sont les garanties et les moyens d'indépendance de la presse ? Aujourd'hui, on constate la mainmise des groupes financiers proches du pouvoir sur les principaux médias, et la tentative de mise sous tutelle du service public de l'audiovisuel. Où est le mandat unique qui permettrait au Parlement d’être plus représentatif de la société française ? Il manque aussi ces deux autres piliers que sont la démocratie sociale - on a vu récemment la façon humiliante dont Nicolas Sarkozy traite les syndicats - et la démocratie territoriale, avec une nouvelle étape de décentralisation qui permettrait à l'État d'être plus efficace.
Certains reprochent à la gauche d’être dans une « opposition pavlovienne ». Mais c’est la droite qui conduit une politique dure, dogmatique, brutale et cela, de façon systématique ! C’est le régime du mépris généralisé, comme je le disais dans une interview au Parisien.
Alors non, il n’était pas moral de donner quitus à un gouvernement qui, tous les jours, donne de mauvais exemples de gestion des affaires publiques. Un seul socialiste a voté en faveur de la réforme. Comme par hasard, celui-là même qui m’a violemment attaquée quand je me contentais de dire la vérité sur Nicolas Sarkozy. Saura-t-on le prix payé pour ce vote ? Quelle dépendance et pourquoi ? Les démocrates, eux, en supporteront le coût. Bravo, en tous cas, aux élus radicaux qui ont résisté à la pression.
Question plus importante : qui, pendant ce temps-là, se soucie de la vie quotidienne des Français, sur laquelle cette réforme institutionnelle n’aura aucun effet ? Cet été, ils vont passer moins de temps en vacances que l’an dernier et sont déjà préoccupés par les factures de la rentrée.
À ce sujet, je retiens deux faits marquants dans l’actualité. L’insee nous apprend que le nombre de Français pauvres a encore augmenté. Ce sont aujourd’hui 7,9 millions de personnes qui gagnent moins de 880 euros par mois. Presque 14 % de la population. C’est énorme et inquiétant.
À l’autre bout de la chaîne, les plus riches voient leurs revenus augmenter sans arrêt. Le nombre d’assujettis à l’impôt sur la fortune est maintenant de 548 000 foyers. Mais, comble du comble, les recettes que l’impôt sur la fortune apporte à l’État ont baissé de presque 6 % par rapport à l’an dernier. Les avantages fiscaux accordés par la droite aux plus riches portent leurs fruits. Au détriment de tous les autres…
Pour toutes ces raisons, et d’autres encore, ne baissons pas les bras pour combattre ce système politique.
À bientôt,
Ségolène Royal
La réforme des institutions a été adoptée hier par le Congrès réuni à Versailles.
Ce n’est pas la victoire de la démocratie, c’est le renforcement du pouvoir monocratique de Nicolas Sarkozy, à coups de pressions indignes sur plusieurs députés.
C’est Robert Badinter, l’ancien président du Conseil constitutionnel, qui a le mieux exposé les raisons de ne pas voter ce texte et souligné l’occasion perdue de mettre fin à la « monocratie » qui caractérise aujourd’hui notre régime.
Où sont les garanties et les moyens d'indépendance de la presse ? Aujourd'hui, on constate la mainmise des groupes financiers proches du pouvoir sur les principaux médias, et la tentative de mise sous tutelle du service public de l'audiovisuel. Où est le mandat unique qui permettrait au Parlement d’être plus représentatif de la société française ? Il manque aussi ces deux autres piliers que sont la démocratie sociale - on a vu récemment la façon humiliante dont Nicolas Sarkozy traite les syndicats - et la démocratie territoriale, avec une nouvelle étape de décentralisation qui permettrait à l'État d'être plus efficace.
Certains reprochent à la gauche d’être dans une « opposition pavlovienne ». Mais c’est la droite qui conduit une politique dure, dogmatique, brutale et cela, de façon systématique ! C’est le régime du mépris généralisé, comme je le disais dans une interview au Parisien.
Alors non, il n’était pas moral de donner quitus à un gouvernement qui, tous les jours, donne de mauvais exemples de gestion des affaires publiques. Un seul socialiste a voté en faveur de la réforme. Comme par hasard, celui-là même qui m’a violemment attaquée quand je me contentais de dire la vérité sur Nicolas Sarkozy. Saura-t-on le prix payé pour ce vote ? Quelle dépendance et pourquoi ? Les démocrates, eux, en supporteront le coût. Bravo, en tous cas, aux élus radicaux qui ont résisté à la pression.
Question plus importante : qui, pendant ce temps-là, se soucie de la vie quotidienne des Français, sur laquelle cette réforme institutionnelle n’aura aucun effet ? Cet été, ils vont passer moins de temps en vacances que l’an dernier et sont déjà préoccupés par les factures de la rentrée.
À ce sujet, je retiens deux faits marquants dans l’actualité. L’insee nous apprend que le nombre de Français pauvres a encore augmenté. Ce sont aujourd’hui 7,9 millions de personnes qui gagnent moins de 880 euros par mois. Presque 14 % de la population. C’est énorme et inquiétant.
À l’autre bout de la chaîne, les plus riches voient leurs revenus augmenter sans arrêt. Le nombre d’assujettis à l’impôt sur la fortune est maintenant de 548 000 foyers. Mais, comble du comble, les recettes que l’impôt sur la fortune apporte à l’État ont baissé de presque 6 % par rapport à l’an dernier. Les avantages fiscaux accordés par la droite aux plus riches portent leurs fruits. Au détriment de tous les autres…
Pour toutes ces raisons, et d’autres encore, ne baissons pas les bras pour combattre ce système politique.
À bientôt,
Ségolène Royal
23:22 Publié dans Interventions de Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.07.2008
Interview de Ségolène Royal sur France Inter
Ségolène Royal a été interviewée sur France Inter ce mardi 15 juillet 2008. Elle continue ainsi à dénoncer la main mise du clan Sarkozy sur tous les pouvoirs.
Ci-dessous, la retranscription de l'interview [source : Désirs d'Avenir]
Ci-dessous, la retranscription de l'interview [source : Désirs d'Avenir]
Thierry STEINER - Bonjour Ségolène ROYAL.
Ségolène ROYAL - Bonjour.
Thierry STEINER - Vous êtes en duplex avec nous depuis les studios de France Bleu La Rochelle. Les députés examinent aujourd'hui le projet de loi sur le service minimum à l'école. L'objectif, c'est d'imposer aux communes l'organisation d'un service d'accueil pour les élèves quand les enseignants sont en grève. C'est une mesure qui sera appréciée par de nombreux parents.
Ségolène ROYAL - D'abord beaucoup de communes le font déjà. Voyez, je suis dans votre studio avec le député-maire de La Rochelle et je peux vous dire qu'ici à La Rochelle on ne laisse jamais les parents sans solution d'accueil. Donc c'est la première observation que je voudrais faire ; c'est que lorsque l'on mène une réforme dans un pays, il faut la faire avec respect et en prenant en considération ce qui a déjà été fait. Voyez, quand on dit : « On va faire le service minimum », on a l'impression que le gouvernement finalement agresse tous les maires, leur fait la leçon et leur dit : « On va vous expliquer par une loi autoritaire et uniforme sur l'ensemble du territoire ce qu'il faut faire ».
Thierry STEINER - Il leur propose d'accompagner les dépenses que cela va occasionner, évidemment.
Ségolène ROYAL - Voilà. La deuxième chose, c'est qu'il faut que l'État compense les dépenses par un transfert de ressources, des obligations nouvelles.
Thierry STEINER - Qui est prévu par la loi.
Ségolène ROYAL - Oui, mais il y a beaucoup de choses qui sont prévues par la loi et qui en fait ne sont pas appliquées. Savez-vous qu'actuellement en France ¾ des lois ne sont pas appliquées, faute des moyens financiers d'accompagnement ?
Thierry STEINER - Un autre texte, Ségolène ROYAL, qui occupe les parlementaires aujourd'hui même, c'est cette fois au Sénat, l'examen du texte sur la réforme des institutions. Le congrès se réunira lundi prochain à Versailles. Ça va se jouer à quelques voix paraît-il. Vous croyez que certains de vos camarades parlementaires socialistes seront sensibles au geste si Nicolas SARKOZY concède que son temps de parole soit pris en compte ?
Ségolène ROYAL - Je pense que les problèmes vont bien au-delà que celui-là. Je trouve que nous avons une sorte de dérive des institutions, une mainmise du pouvoir en place sur les médias. On vient de le voir avec les intentions du chef de l'État par exemple de nommer le responsable du service public de l'audiovisuel, France 2, France 3, France Inter ; d'ailleurs c'est une intention qui est massivement dénoncée par les Français dans les enquêtes d'opinion. On voit aussi que le transfert de ressources financières de la publicité du service public vers le secteur privé consiste finalement pour Nicolas SARKOZY à servir financièrement ses amis, sans contrepartie très claire en terme de ressources pour le service public. Donc il y a aujourd'hui une grande inquiétude sur l'indépendance des médias et puis il y a la question du temps de parole équilibré bien évidemment. Je crois que ce problème doit être résolu.
Thierry STEINER - Est-ce que ce serait un geste significatif qui pourrait faire évoluer la position des socialistes ?
Ségolène ROYAL - Je pense que ce serait un geste non seulement significatif mais absolument indispensable. La France est le seul pays où le chef de l'État qui représente une sensibilité politique ne voit pas son temps de parole décompté. Vous savez, la démocratie ce sont des principes simples. Moitié – moitié, majorité – opposition pour que les Français puissent bénéficier d'un débat démocratique qui leur permette d'éclairer la situation et de se faire un jugement sur les réformes pour pouvoir évaluer si elles sont bonnes ou si elles ne sont pas bonnes, que l'on puisse échapper à une forme de propagande gouvernementale. Mais il y a d'autres intentions très inquiétantes dans la réforme des institutions : c'est le redécoupage des circonscriptions électorales et c'est l'absence de réforme du mode de scrutin du Sénat. Là aussi dans une République digne de ce nom, la réforme des modes de scrutin doit permettre une alternance politique à l'Assemblée nationale et au Sénat et échapper surtout aux redécoupages qui vont permettre au pouvoir en place de se maintenir quelles que soient les variations électorales sur le territoire et beaucoup de parlementaires sont très inquiets puisque les choses se passent en catimini.
Thierry STEINER - Donc on verra bien lundi prochain à combien de voix finalement ça va se jouer. François FILLON répète à l'envi ces jours-ci que la droite a gagné la bataille idéologique et la preuve, selon lui, c'est que les réformes menées depuis un an n'ont pas soulevé d'opposition audible. C'est son sentiment du moins. Est-ce qu'en un an la société française a évolué comme le croit le Premier ministre ou est-ce que ce sont les leaders de la gauche qui n'ont pas été à la hauteur depuis l'élection de Nicolas SARKOZY ?
Ségolène ROYAL - Je pense surtout qu'il y a une telle accumulation de décisions injustes que les Français aujourd'hui sont dans une sorte de fatalisme. Quand j'entendais récemment le président de la République dire ou se féliciter que l'on n'entend plus les grévistes, je crois que cela prouve qu'il vit dans un autre monde. Vous savez, s'il y a beaucoup moins de grèves aujourd'hui, c'est parce que le pouvoir d'achat a tellement baissé, la hausse du coût de l'énergie pèse tellement sur la vie quotidienne des familles que les salariés ne peuvent plus se permettre de perdre une journée de travail donc une journée de salaire. Ils ne peuvent plus se permettre de se déplacer massivement dans les manifestations parce que l'essence coûte cher, le train coûte cher.
Thierry STEINER - Ça n'empêche pas les leaders de l'opposition d'être peut-être plus audibles, parce que dire ça ce n'est pas apporter forcément des réponses cohérentes.
Ségolène ROYAL - Oui mais regardez le paradoxe de la situation. Avant de me passer la parole, vous avez dit que je tirais à boulets rouges sur le pouvoir, c'est-à-dire que quand on n'entend pas les socialistes…
Thierry STEINER - Sur Nicolas SARKOZY.
Ségolène ROYAL - Mais Nicolas SARKOZY incarne le pouvoir, donc le rôle de l'opposition c'est de combattre et c'est de proposer. Et aujourd'hui ce que pensent les Français, c'est que la France a besoin de réformes – et je le dis ici très clairement : nous avons besoin de réformes mais de réformes justes, de réformes cohérentes, de réformes qui donnent un sens à une vision de la France. Or aujourd'hui nous avons une accumulation désordonnée de décisions qui ne constituent pas une politique cohérente. D'ailleurs les Français condamnent massivement les réformes ; ils condamnent la réforme des retraites qui ne débouche sur rien, qui réduit les droits des salariés et qui augmente l'inquiétude profonde des Français à l'égard de l'avenir alors que des solutions sont possibles. J'en fais d'ailleurs dans le livre que vous avez cité tout à l'heure, Si la gauche veut des idées, pour proposer une réforme des retraites telle qu'elle a été faite dans les pays du Nord de l'Europe, c'est-à-dire une clarification pour chacun des droits individuels à la retraite par un système par points qui permettrait à chaque Français de savoir à tout moment quels sont les droits à retraite qu'il a accumulés et donc sur quelle perspective il s'oriente. Il faudrait aussi prendre en considération la pénibilité du travail pour donner davantage de droits à la retraite à ceux qui ont une durée de vie inférieure. Il faudrait aussi lutter contre le chômage des jeunes et des seniors, ce qui permettrait de faire rentrer davantage de cotisations retraite et donc de garantir ce droit fondamental pour tous. Vous savez, moi je rencontre énormément de retraités très inquiets, d'abord parce que pendant la campagne présidentielle Nicolas SARKOZY leur avait promis une hausse immédiate de 25 % des petites retraites et puis une fois élu, il leur a dit : « Mais finalement les caisses sont vides ». Donc ils ont le sentiment d'avoir été trompés et aujourd'hui beaucoup de personnes âgées qui ont travaillé toute leur vie ont des retraites très basses, c'est-à-dire il y a beaucoup de pauvreté avec des personnes qui ne font qu'un repas par jour, avec des personnes âgées qui n'ont pas pu remplir leur cuve de fioul avant l'hiver et sur cette question-là aussi, je trouve le gouvernement particulièrement inerte. Je fais également des propositions sur cette question. Vous savez, il suffirait de reprendre la moitié des super profits de TOTAL, 7,5 milliards, pour les transformer en chèques de 300 euros qui pourraient être donnés aux familles et aux personnes âgées pour qu'elles puissent remplir leur cuve de fioul ou acheter leur énergie pour cet hiver.
Thierry STEINER - Ségolène ROYAL, vous vous défendez de tirer à boulets rouges sur Nicolas SARKOZY. Tout de même, quand vous comparez le chef de l'État à un mélange de Doc Gynéco et de BERLUSCONI, ou quand vous dites qu'il croule sous l'argent, est-ce que ce n'est pas tirer à boulets rouges, ça ? Est-ce qu'on n'est pas là dans une sorte d'exagération ?
Ségolène ROYAL - Je pense que je suis en dessous de la réalité, surtout par rapport à ce que j'entends partout. Les gens sont très choqués, vous savez, du comportement actuel du chef de l'État dans bien des domaines, ne serait-ce que ce qui s'est passé au 14-Juillet. Vous savez, les choses sont simples : les valeurs qui rassemblent les Français sont fortes. Le 14-Juillet, c'est un moment de rassemblement national, c'est la fête de la liberté, la fête des droits humains, c'est la prise de la Bastille qui allait se poursuivre par la création justement de la République, des droits fondamentaux, de la liberté de la presse, de la liberté syndicale.
Thierry STEINER - Et vous avez été choquée de voir Bachar el-ASSAD à la tribune.
Ségolène ROYAL - Oui. Je pense qu'il y a un grand malaise dans l'armée française du fait du comportement de Nicolas SARKOZY, que les militaires français veulent être respectés. J'en sais quelque chose et je vois beaucoup de réactions, je reçois énormément de réactions parce que les militaires sont disciplinés, donc ils n'ont pas manifesté publiquement leur désapprobation mais en même temps ce malaise profond n'est pas une bonne chose pour l'équilibre de la République.
Thierry STEINER - Votre camarade socialiste Michel VAUZELLE dit ce matin dans Le Parisien que cette réunion, ce sommet à Paris, cette réunion pour le lancement de l'Union Pour la Méditerranée est un grand succès pour Nicolas SARKOZY et pour la France.
Ségolène ROYAL - Il dit aussi qu'il faut juger sur les résultats et qu'il manque en particulier des moyens financiers importants pour que ces réunions, qui ne sont pas inutiles, débouchent sur quelque chose de concret. Vous savez, dans le processus de Barcelone il y avait déjà le dialogue entre l'Europe et la Méditerranée, dont on attend encore aujourd'hui les résultats. Alors il y a de bonnes intentions dans ce dialogue, notamment la lutte…
Thierry STEINER - Nicolas SARKOZY doit aller à Damas en septembre. C'est la prochaine étape logique pour vous ?
Ségolène ROYAL - Écoutez, il y a eu déjà avec la présence de Bachar el-ASSAD, comment dirais-je, la remise en situation d'un chef d'État qui n'est pas à la tête d'un pays démocratique. Et donc, avant de donner une notoriété internationale à des dictateurs, il faut obtenir des contreparties. Ces contreparties, elles n'ont pas été obtenues. Il n'y a eu ni regrets pour le massacre des soldats français du Drakkar, il n'y a eu ni engagements sur le tribunal international permettant de juger Rafiq HARIRI. Il n'y a pas eu de reconnaissance de la souveraineté du Liban. Donc, tant que ces contreparties ne seront pas obtenues, il serait je crois inopportun d'envisager un approfondissement de ces relations.
13:15 Publié dans Interventions de Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.07.2008
Le Président des Droits de l'Homme : le grand écart entre les promesses et les actes
Le candidat de l'UMP à l'élection présidentielle de 2007 avait pourtant annoncé qu'il serait le Président des Droits de l'Homme. Encore une fois, ce même candidat - aujourd'hui Président de la République - nous fait la preuve d'un grand écart entre les promesses et la réalité (ça nous rappelle le Président du pouvoir d'achat que des millions de français attendent encore désespérement). En effet, ce 14 juillet 2008 en est la preuve avec la présence de Bachar Al-Assad (le Président Syrien) à la tribune officielle du défilé du 14 juillet.
Récemment - et suite à la mise à sac de son appartement le 27 juin - Ségolène Royal a annoncée qu'on ne la ferait pas taire et qu'elle continuerai à dénoncer la main-mise du clan Sarkozy sur tous les pouvoirs. C'est donc dans cette optique qu'elle vient de dénoncer cette mascarade de ce 14 juillet 2008.
Je dénonce l’intolérable épreuve infligée à tous les Français et à nos forces armées républicaines contraintes de défiler devant la présence inadmissible de Bachar Al-Assad, présent à la tribune officielle du 14 juillet, jour de fête pour les libertés républicaines. Après la visite de Kadhafi, un autre dictateur retrouve ainsi une crédibilité internationale sans aucune contre-partie : ni regret pour les soldats français massacrés au Drakkar, ni Tribunal international pour l’assassinat de Rafic Hariri, ni reconnaissance de la souveraineté du Liban. Je suis convaincue que ni le Général de Gaulle, ni François Mitterand, ni Jacques Chirac n’auraient laissé la France payer ce prix d’une mise en scène humiliante. [Source AFP]
23:50 Publié dans Interventions de Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note