21.11.2008
Lettre ouverte aux camarades de la motion C
Lettre ouverte aux camarades de la motion C
Cher(e) camarade,
Tu as voté pour la motion C le 6 novembre dernier et pour Benoit HAMON, hier soir.
Ce choix est tout à fait respectable et honorable. Il correspond à l'héritage d'une tradition politique majeure au sein du PS.
La ligne que tu as défendue est claire, la campagne que tu as menée dans nos fédérations a été propre et ton courant est représenté par deux dirigeant de grande de qualité.
Il y a Benoit HAMON, le « quadra », expérimenté puisque formé, il y a plus de 20 ans à la même école que moi, les clubs « Forum » de Michel Rocard avec Manuel VALLS et tant d'autres. C'es l'homme du MJS autonome. C'est le cofondateur du NPS. Sa volonté de rénovation est une constante et nul ne peut contester qu'il est la révélation de cette campagne interne.
Il y a aussi Henri EMMANUELLI, l'ancien, que je considère comme un grand monsieur, car la grandeur se mesure aux actes. Et trois dans son parcours politique m'ont marqué.
En 1995, Henri est notre 1er secrétaire. Il est candidat à la candidature pour l'élection présidentielle. Les militants choisissent Lionel JOSPIN qui accède au second tour mais s'incline face à Jacques CHIRAC en recueillant 47% des voix. Henri en prend acte et, le lendemain, remet à Lionel les clefs du Parti. Il en eu le courage. François HOLLANDE ne l'a pas fait au soir du 6 mai 2007.
Trésorier du Parti Socialiste dans les années 80, Henri fut par ailleurs condamné à l'inéligibilité. Il a payé seul des pratiques qui étaient collectives, pour ne pas dire généralisées, mais jamais il ne s'en est plaint publiquement.
Il a une nouvelle fois montré des qualités rares en politique en passant la main le plus naturellement du monde avant le congrès de Reims. Peu de responsables politiques sont capables de cela.
Tout ceci pour te dire que j'ai la plus grande estime pour la ligne politique et les hommes sur lesquels s'est porté ton choix.
Mais tu t'en doutes, si je t'écris aujourd'hui, c'est que je souhaite te parler de l'importance que revêt pour nous tous le vote de ce soir.
C'est toi qui a en main, au bout de ton bulletin de vote, le destin du Parti et celui de la gauche. Ta responsabilité est immense.
Comme Bertrand DELANOE, lundi soir, Benoit HAMON a appelé à voter pour Martine AUBRY en prenant néanmoins le soin d'expliquer qu'il n'était pas propriétaire des voix de ses électeurs, c'est à dire qu'il les laissait libre de leur choix.
Il y a plusieurs manières de lire le résultat d'hier soir.
La première est une lecture purement arithmétique, et elle est favorable à Martine AUBRY qui pourrait au jeu des additions l'emporter avec 57% des voix.
Mais la dynamique politique défie constamment l'arithmétique, le vote d'hier soir en a apporté une nouvelle démonstration. Mathématiquement, Martine aurait dû l'emporter dès le premier tour, car le total des voix de Bertrand et des siennes atteignaient les 50%. Or, elle n'a obtenu que 34% ! Tout le monde le passe sous silence pour minimiser l'événement, mais c'est tout de même un échec retentissant.
Ce score n'est pas imputable à sa personne, loin de là. J'ai un temps été l'animateur de ses clubs AGIR, lorsque je pensais que la rénovation pouvait passer par elle, après le Congrès de Liévin. Si elle n'est qu'à 34% c'est qu'elle symbolise le vieux Parti dont les militants ne veulent plus.
Tu dois avoir cette donnée à l'esprit en analysant ces résultats.
Certes, on peut considérer que 57% des militants ne veulent pas d'une alliance au centre, mais il n'en a jamais été question. Maintenant que le Congrès est terminé, cessons ce faux procès fait à Ségolène ROYAL depuis le début du Congrès.
Je te rappelle une « énième » fois le leitmotiv de la motion E :
1/ On rassemble les socialistes.
2/ On s'adresse à toutes les composantes gauche et on rassemble le plus largement possible.
3/ Sur la base d'un projet commun, on s'ouvre ensuite aux démocrates, aux défenseurs de la laïcité et des services publics pour mettre fin au Sarkozysme.
Il n'y a rien d'autre dans notre motion.
Et ne sombrons pas dans les raccourcis simplistes du style 70% des militants ont refusé l'alliance avec le Modem. Ce serait un débat stérile de plus, car on pourrait dire qu'il n'en reste plus aujourd'hui que 57%, ce que je ne crois pas.
Tu peux aussi lire ce résultat autrement et voir que 66% des militants ont clairement indiqué qu'ils voulaient la rénovation, soit les deux tiers. C'est un chiffre impressionnant, sans précédent. Peut-on continuer à ne pas le voir et à maintenir coûte que coûte le couvercle de la « cocotte-minute » fermé ? Peut-on maintenir notre confiance dans un fonctionnement et une génération politique qui nous ont conduit à la situation actuelle ?
Si tu te poses cette question, ce soir, tu dois voter pour Ségolène ROYAL. Cela n'entachera en rien ta loyauté envers Benoit HAMON et les idées qu'il a défendues.
Je te demande de réfléchir à l'après 21 novembre. Comment ce Parti va-t-il être dirigé si Martine AUBRY gagne ? Imaginons même qu'elle fasse entre 51% à 55%. Le parti sera ingouvernable pour les raisons suivantes.
Il y aura en face une minorité, très forte, capable de réunir près la majorité seule contre tous, Soudée par un projet, cimentée par un Congrès, par une vision de la rénovation du Parti, une vraie génération politique est née.
En face, il y aurait une majorité totalement hétéroclite, ingouvernable car qu'y a-t-il de commun entre
- un Michel ROCARD, qui préconisait l'alliance avec le MODEM avant le 1er tour de l'élection présidentielle et un Gérard FILOCHE aux petits soins pour Olivier BESANCENOT ?
- Un Laurent FABIUS et un Lionel JOSPIN, à l'origine de tant de haine au sein de notre parti depuis le Congrès de Rennes ?
- Une Marie Noëlle LIENEMANN « Noniste » convaincue et un Jack LANG, grand défenseur du traité constitutionnel et qui est celui qui, en mêlant sa voix à la droite, a permis à Nicolas SARKOZY de faire passer sa réforme constitutionnelle. - Un Laurent FABIUS (encore lui !) défenseur des baisses d'impôts et créateur de la prime de l'emploi et un Henri EMANUELLI, qui a toujours considéré que ces politiques constituaient une escroquerie politique au détriment du pouvoir d'achat par le salaire ?
Voilà le visage de la future majorité du Parti si Martine AUBRY gagne. Aucune cohérence. C'est tout simplement effrayant.
Et Benoit HAMON noyé la dedans, qui serait l'otage de tout cela.
Je te propose un autre choix, une autre perspective politique.
Vote Ségolène ROYAL, et fait de Benoit HAMON son principal opposant. Ouvre à l'une et à l'autre un véritable espace politique parce que c'est entre eux deux que doit s'organiser le seul débat politique qui vaille.
Je suis en outre convaincu qu'ils sont capables de s'entendre sur une gouvernance du parti qui ne bloque pas son fonctionnement et qui soit garante de sa rénovation, sans renoncer l'un ni l'autre à leurs options fondamentales.
En fait, ce que je te propose, c'est de faire du Congrès de Reims, l'Epinay des militants, parce que nos dirigeants n'ont plus la force de le faire eux-mêmes.
Avec mes amitiés socialistes.
Patrick ALLEMAND
Membre du Conseil National
Premier Secrétaire Fédéral des Alpes-Maritimes
18:10 Publié dans Actus nationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.11.2008
Pour inventer tous ensemble le socialisme du 21ème siècle, votez et faites votez massivement Ségolène ROYAL
C'est ce jeudi 20 novembre que les militants du Parti Socialiste sont appelés à se prononcer sur le nom de la personne qui deviendra premier secrétaire du Parti Socialiste. Vous trouverez ci-dessous une vidéo appelant à voter pour Ségolène Royal, Vincent Peillon et toute l'équipe. Et également la lettre que Najat Belckacem a publiée sur son blog.
Lettre à un(e) camarade de Najat Belkacem
Cher(e) camarade,
Le grand jour approche. Demain, tu auras à choisir non pas seulement entre trois candidats, mais surtout entre trois conceptions, trois projections de ce parti auquel tu appartiens, et dont tu es tout autant que ses 230 000 militants, un peu responsable.
Chacun essaiera de te convaincre de la pertinence et de la modernité de sa candidature, de son programme et de sa gouvernance, je ne resisterai sans doute pas moi même à t'en dire quelques mots plus bas, mais auparavant permets moi de t'adresser une simple requête: parce que l'enjeu, l'avenir du Parti socialiste, de la gauche, et donc de la France, est si fondamental, ne laisse personne te dicter ni te confisquer ton vote. Et surtout surtout, n'écoute personne t'expliquer que les jeux sont faits. Ils ne le sont pas parce que dans ce parti, soyons en fiers, un homme egale une voix, c'est dire combien ta voix, quelque soit ton age, ton ancienneté, ton sexe ou ton origine, comptera.
Pour ma part, voila plus de deux ans que j'ai fait le choix clair du changement. Ce n'est faire injure à personne que de souhaiter une modernisation en profondeur des codes, du fonctionnement et de la composition des instances dirigeantes de ce parti. Ce n'est trahir ni Jaures ni Blum, ni Mitterrand que de rêver d'un parti de masse, combattif et conquérant. Un parti attrayant, un parti inventif, un parti en accord avec son temps, un parti qui change tout simplement.
Alors quel visage pour ce changement?
Le visage des 4000 corédacteurs de la contribution "combattre et proposer";
le visage des élus locaux de talent et d'expérience qui, au sein de la "Ligne claire" ont compris la nécessité de parier aussi sur le renouvellement et les nouvelles générations;
le visage du pôle écologique qui a su rejoindre l'équipe qui défend avec le plus de coeur la révolution écologique;
le visage d'une équipe soudée, diverse, équilibrée, qui ne s'est pas composée pour la circonstance ou pour la photo, mais qui travaille ensemble depuis la présidentielle, a appris à se connaitre, à se compléter, à s'aimer même...(je sais, c'est un gros mot il paraît)
Le visage d'un futur premier secretaire delégué combattif, brillant et solide. Comme j'aurais aimé que vous puissiez voir Vincent Peillon à l'oeuvre dans cette fameuse "Commission des résolutions" samedi soir. Infatiguable débatteur face aux refus obstinés des autres motions de discuter de notre texte pourtant majoritaire et de nos prétendues divergences (au motif que "ce n'etait pas le moment de parler de fond"!!!! mais quand diable est-ce le moment??)
Et le visage enfin souriant et déterminé de Ségolène Royal, de son courage politique, de sa liberté de ton, de son obstination à ne jamais répondre aux batailles intestines pour mieux se concentrer sur le seul combat qui vaille, celui des idées et des valeurs.
C'est bien sur les idées et les valeurs que tu devras te prononcer demain.
C'est sur ces idées et ces valeurs que j'ai choisi de faire confiance à Ségolène Royal.
00:43 Publié dans Actus nationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.11.2008
Appel à voter pour Ségolène Royal le jeudi 20 novembre
Chers camarades !
Le 6 novembre dernier les adhérents du parti ont placé en tête la motion E, présentée par l'équipe de Ségolène Royal, avec 29,5% des voix.
Forts de cette légitimité, nous avons présenté lors du congrès, une feuille de route aux autres motions pour un grand rassemblement ; aucun amendement n'a été déposé. Aucun contre-projet n’a été déposé. Nous avons fait des propositions sur les points divergents et nous avons essuyé immédiatement une fin de non recevoir. La question des alliances est devenue le prétexte à la constitution d'un front anti- Royal. Comme si les adversaires de l'alliance au centre comme Martine Aubry s'en étaient exonérés lors des dernières municipales et ce, dès le 1er tour, à Lille et ailleurs ... Trêve de mensonges et d'hypocrisie !! Quel président socialiste de région refusera l'alliance au centre pour garder sa région face à l'UMP ? Aucun !
Nous avons proposé que cette question soit soumise au vote des militants, malgré cela la commission des résolutions n’a pas avancé d'un pouce.
Ce congrès qui aurait dû être le lieu de débats politiques, s'est transformé en une affaire de personnes pour faire barrage à Ségolène
Royal à la direction du parti.
Ceux qui disaient vouloir respecter le vote des militants du 6 se sont assis dessus pendant le congrès. Nous aurions pu débattre et non nous combattre.
- Que penser des huées, des sifflements du fond de la salle pendant les discours de Royal ou de Peillon, alors même que les caméras filmaient la vie interne du 1er parti de gauche en France ? Triste spectacle ! Ils ont même sifflé Royal quand elle citait Jaurès !
- Que penser de la position de Bertrand Delanoë qui déclare Dimanche 16 novembre, devant les militants au congrès de Reims : "Nous avons décidé de ne pas rajouter à ce qui est appelé par la presse 'la guerre des chefs' (...) ou ce qui pourrait être ressenti comme une confusion ou un risque de division". Et le lundi 17 novembre, dans une lettre et par fax à l'AFP, le même Bertrand Delanoë écrit : "Au nom de mes convictions politiques, j'ai donc décidé de soutenir la candidature de Martine Aubry".
Que s'est-il donc passé dans le dos du congrès et des militants?
- Quelle réponse ont-ils apportée à la proposition de Ségolène de constituer un vaste *front populaire pour défendre la République* honteusement attaquée par N.Sarkozy ? Aucune ! Si, pardon un front anti-Royal !
Mes chers camarades, le parti socialiste est à un tournant, vous allez choisir votre futur secrétaire national ; nous vous proposons une équipe jeune, dynamique, tournée vers les territoires, qui veut ancrer le PS dans le mouvement social.
Nous voulons construire un parti de masse, fort, capable d'organiser la riposte, dirigé par Ségolène ROYAL et Vincent PEILLON, où toutes les
sensibilités seront respectées dans les instances.
Le 20 novembre de 17h à 22h dans vos sections, vous pouvez tourner la page... Allez voter massivement pour ROYAL /PEILLON .
Christophe Choserot
Mandataire de la motion E
18:57 Publié dans Actualités DA54 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Retour en vidéo sur le Congrès du Parti Socialiste
Le congrès du Parti Socialiste se tenait ce week-end (du vendredi 14 au dimanche 16 novembre) à Reims. Aucune synthèse et aucun rassemblement n'ont pu aboutir autour de la motion E (arrivée en tête le jeudi 6 novembre). C'est donc aux militants qu'il revient de trancher. Vous trouverez ci-dessous différentes vidéos des interventions de la motion E au cours de ce congrès.
Discours de Ségolène ROYAL - Samedi 15 novembre 2008
Discours de Vincent PEILLON - Dimanche 16 mars 2008
Discours de Ségolène ROYAL - Dimanche 16 novembre 2008
18:47 Publié dans Actus nationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.11.2008
Lettre de Ségolène Royal aux militants
Chers toutes et tous,
On voudrait nous faire croire que le vote que nous allons faire jeudi est anodin, comme si les élections américaines devaient absorber tous les regards.
Mais non ! Ce vote est très important, historique même, et vous avez une responsabilité essentielle. N’oublions jamais que dans de nombreux pays des hommes et des femmes risquent leur vie pour créer des partis libres. Nous qui avons la chance de pouvoir agir, faisons-le, et je vous appelle à participer très nombreux à ce vote.
Car même si les Français ne comprennent pas toujours nos procédures, ce vote du Congrès va dire ce que l’avenir de la gauche sera.
Oui ou non, voulons-nous écrire une nouvelle page de notre histoire, vibrante et populaire ?
Oui ou non, notre parti va-t-il enfin bouger ?
Oui ou non, la nouvelle génération que nous poussons en avant va-t-elle pouvoir prendre ses responsabilités ?
Oui ou non, le peuple que j’ai vu tellement présent et attentif au cours de ces derniers mois, va-t-il venir vers nous parce que nous saurons lui redonner de l'espoir ?
L'histoire nous enseigne que les civilisations sont mortelles. Pourquoi en serait-il autrement pour un parti ? Comme l'ont dit les femmes salariées de la Camif, les ouvriers de Ford et bien d’autres : « Le PS peut disparaître s'il s'éloigne du peuple. »
Même si ces mots nous secouent, il faut les entendre. Alors secouons-nous. Ne retournons pas à la case départ. Choisissons l’avenir. Donnons-nous un temps d’avance.
Nous n’avons pas le droit d’être faibles ou de disparaître au moment où la France a besoin de nous. N’oublions jamais la confiance que dix-sept millions de Français ont placée en nous, et pensons aussi à toutes celles et ceux cruellement déçus par une droite dont l’insolence le dispute à l’incompétence.
Aujourd’hui l’Amérique métissée assume son histoire. Et nous? Pourquoi renoncer à tendre la main à la France métissée qui a tant cru en nous et ne demande qu’à revenir vers nous ? N’y renonçons pas. Nous le ferons.
Imaginons que les Français, grâce à nous, se ré-intéressent à la politique.
Imaginons qu’on leur donne, nous socialistes, les clefs pour comprendre le monde et donc peser sur les choix de société.
Imaginons que nous apportions au mouvement social notre énergie pour inverser les rapports de force entre le capital et le travail.
Imaginons un parti dans lequel le coût de l’adhésion, désormais très modique, permettrait à la jeunesse, aux employés, aux ouvriers, aux petits retraités, de venir nous rejoindre.
Il faut oser un parti tellement uni et où les militants sont tellement respectés que lorsqu’ils désignent un ou une candidate, tous les autres font campagne pour la victoire. C’est possible, comme viennent de le montrer les forces qui se sont rangées autour de Barack Obama.
Il faut oser tout transformer pour mieux atteindre notre objectif. Quel est cet objectif ? Humaniser le monde. Agir pour que les valeurs humaines s’imposent toujours sur le cynisme financier. Un bout de changement ne suffira pas. Les tumultes actuels le prouvent.
Deux millions d’Italiens se sont levés contre Silvio Berlusconi et sa politique de destruction de l’éducation publique et laïque.
Je vous assure que nous sommes capables d’en faire autant. A condition de le vouloir.
Jeudi 6 novembre, vous pouvez le faire : votez pour une transformation radicale, sereine et utile.
Cette transformation que la droite redoute. Mais une transformation que les Français, notamment ceux qui souffrent, attendent de nous, parfois désespérément.
Oui, nous le voulons ! Oui, nous le pouvons ! En avant !
Fidèlement,
Amitiés socialistes,

18:57 Publié dans Interventions de Ségolène Royal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Interview de Ségolène Royal dans "Le Parisien"
La crise ne sonne-t-elle pas l’heure, à droite comme à gauche, des personnalités fortes et pragmatiques ?
Ségolène Royal. Les Français découvrent que les hauts dirigeants des entreprises et de la finance internationale ont emmené le système dans le mur. Pour changer la donne et le rapport de forces afin que la crise serve à quelque chose il va falloir, oui, beaucoup de courage, un esprit visionnaire et aussi ne pas être lié aux puissances d’argent.
Face à la rapidité de mutation du capitalisme, les socialistes n’ont-ils pas, à chaque fois, un métro de retard ?
Pas toujours !… Souvenez-vous de ce que j’avais dit pendant la campagne présidentielle et qui m’a valu parfois tant de sarcasmes : je parlais des rémunérations excessives des traders, du nécessaire recentrage des banques sur leur coeur de métier, de l’interdiction des paradis fiscaux, de la création de fonds public d’aides aux PME, de la sécurisation des salariés comme instrument majeur de l’efficacité des entreprises. Je n’étais absolument pas en retard, bien au contraire. En revanche, on ne peut que constater l’échec cinglant de la politique économique de la droite depuis un an et demi. Une politique qui se résume au bouclier fiscal, c’est-à-dire à un avantage aux rentiers.
Le PS n’a donc pas, selon vous, à revoir son logiciel, à aller plus loin ?
Bien sûr qu’il faut aller plus loin, et certainement pas en revenant aux idées de la social-démocratie , et encore moins aux idées libérales ! La social-démocratie a été opérationnelle à un moment donné de l’histoire. Mais comment ne pas constater qu’elle a été tenue en échec dans plusieurs pays européens ? Pourquoi ? Parce qu’il faut un Etat préventif qui change les rapports de force et non pas, comme dans la social-démocratie, un Etat secouriste qui ne remet pas en cause le système. Quand j’entends certains socialistes vanter les vertus en 2008 du modèle social-démocrate, je suis stupéfaite, car c’est un modèle périmé. C’est un nouveau modèle qu’il faut inventer. Avec une lucidité radicale sur de nombreux sujets…
Lesquels ?
Il faut, par exemple, obliger les entreprises qui font des bénéfices à rembourser tous les fonds publics afin de stopper les délocalisations et les licenciements. Je l’ai fait dans la région que je préside. Il est urgent de le faire à l’échelle nationale car des entreprises profitent actuellement de la crise voyez le comportement scandaleux d’ArcelorMittal en Lorraine pour accélérer certaines délocalisations. J’insiste : quand des entreprises se comportent mal, il faut être avec elles radical et, à l’inverse, tout faire pour sécuriser les PME innovantes en facilitant des compromis sociaux entre salariés et employeurs afin que tous défendent ensemble l’intérêt de l’entreprise.
C’est cela, le socialisme ?
Oui. C’est le socialisme du XXI e siècle, revisité à la lumière des immenses défis d’aujourd’hui. Une pensée politique doit toujours être en mouvement. Avec un certain nombre de repères intangibles.
Et c’est quoi « le » repère intangible du socialisme ?
C’est vouloir humaniser le monde. Regardez comment il en a besoin, le monde aujourd’hui ! L’Amérique de Bush a pensé et Nicolas Sarkozy reste fasciné par ce modèle-là que ce qui crée la richesse, ce n’est pas le travail bien payé mais la société de consommation à tout-va, fondée sur le surendettement des ménages, juteux pour les banques. Résultats : la crise planétaire, les salaires des équipes dirigeantes multipliées par dix en dix ans, les inégalités qui se creusent. Le salaire moyen des 50 patrons français les mieux payés a augmenté de 20 % durant la seule année 2007 et, pendant ce temps-là, la moitié des cadres a perdu du pouvoir d’achat. Or si les cadres sont démotivés, ça va très mal se passer dans les entreprises ! On ne va pas attendre trois ans comme cela. Il faut que Sarkozy rectifie la trajectoire. Seule une pression de l’opinion et un PS à l’offensive pourront l’y forcer. Les salariés désespérés de la Camif avec lesquels j’étais vendredi, qui voient les milliards pour les banques et rien pour eux, me disaient : « Sarkozy, avec de telles fautes professionnelles, mérite un préavis de licenciement pour 2012 ! »
Si votre motion obtient une majorité relative des suffrages, avec qui êtes-vous prête demain à passer alliance pour gouverner le PS ?
Tous ceux qui voudront nous rejoindre seront les bienvenus. On aura voté sur un projet. A partir de là, il n’y a pas d’interdit, pas d’exclusive. Parce que j’aime les militants, je ne suis pas rancunière. C’est pour eux que, dans cette période, je n’ai pas répondu aux attaques.
J’ai tracé ma route. Les militants auraient pourtant apprécié qu’un peu de respect soit demandé à M. Rocard par Bertrand (NDLR : Delanoë) , qui promet de la discipline. De même, comment Martine (NDLR : Aubry) peut-elle accuser le PS de ne pas avoir travaillé alors qu’elle a en charge, depuis trois ans, les questions sociales et l’emploi, comme secrétaire nationale chargée de ces questions ? Est-ce une autocritique ? Il faudra donc que le travail et le respect soient enfin les règles au parti. Donc, tout le monde est utile, mais il est temps que ça change et de donner des responsabilités à une nouvelle génération. Déjà, il y a un pack opérationnel qui fait une belle campagne collective : Vincent Peillon, François Rebsamen, Julien Dray, Delphine Batho, Najat Belkacem, Manuel Valls, Dominique Bertinotti, Jean-Jack Queyranne, Aurélie Filippetti, Guillaume Garot et, bien sûr, Jean-Louis Bianco, Jean-Pierre Mignard et Gérard Collomb.
En cas de succès de votre motion, serez-vous candidate au poste de premier secrétaire ?
Il y a un leadership politique qui continue et continuera. Est-ce que je l’assumerai en étant à la tête du PS ? On verra. Une évidence : une personne, quel que soit son talent, ne peut pas relever à elle seule tous les défis qui attendent notre parti. Il y aura demain des responsabilités bien identifiées et clairement déléguées. Dans un esprit d’équipe, avec un animateur d’équipe. Mais, aujourd’hui, l’heure est au choix entre des projets, et celui que je défends est le seul à assumer une continuité avec la campagne présidentielle de 2007. Il est très important que les militants choisissent à la fois le changement en profondeur du parti et la fidélité aux millions d’électeurs qui se sont reconnus dans ces idées. Indépendamment de ma personne, la présidentielle a été, en effet, un très grand moment de l’histoire des socialistes, spécialement pour les catégories populaires. Ce sont elles qui nous ont permis d’accéder au second tour. Tous ceux qui ont manqué de respect au vote des militants en critiquant ou en ne soutenant pas la candidate choisie par eux méritent-ils, moralement, leurs voix aujourd’hui ? Seule la droite pourrait s’en réjouir.
18:56 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note